2 avr. 2011

Mon Photo-Reportage pour le concours Paris Match 2011


La Turquie loin des villes

A l'automne 2010, je décide de rejoindre l'Iran depuis la France à vélo. Cette aventure m’amènera à traverser les campagnes turques pendant 3 mois et en ressortir ébloui par la personnalité des gens et la beauté de la route.
Le voyage à vélo est une sorte de vagabondage en autonomie totale durant lequel on se laisse porter par les rencontres et par la simplicité de la vie loin des villes. En Turquie, pays de contrastes, entre modernité surprenante et passé chargé de tradition, voyager de village en village m'ouvre les portes d'un autre monde. D'ailleurs, le capital sympathie suscité par un cyclotouriste me permettra de passer de très nombreuses soirées en compagnie de Turcs et de Kurdes et de côtoyer leur diversité.
Comme 75% de la population turque est urbaine, les campagnes sont peu habitées, ce qui leur permet de conserver une authenticité touchante en plus de gigantesques étendues sauvages !
Il faut ajouter aux rencontres les dimensions Nature et Culture de la Turquie, qui par sa taille, comme par sa situation entre deux mondes, et par son histoire, offre une variété incroyable de paysages, de monuments et de connaissances.
Mais cette aventure constitue aussi un combat contre les éléments : les pluies d'octobre dans le nord-ouest pendant lesquelles je reste trempé jusqu'aux os, le froid sibérien de l'est kurde où je dors dehors, sous ma tente, par -25C°, et encore les cols sans fin que je dois franchir avec les 50 kilos de ma maison sur roue... Mais le spectacle et la sensation de vaincre l'impossible sont de taille.
J'espère revenir maintenant avec une petite histoire des campagnes turques que j'ai immortalisées avec ma sensibilité envers ce monde que j'ai appris à connaître et à aimer.

L'automne approche


Cette route non loin de Senirkent, au nord d'Isparta, donne une idée des étendues sauvages des hauts-plateaux du centre de la Turquie. Les parcourir seul à vélo est un plongeon dans la nature et ses couleurs. Les axes secondaires comme celui-ci sont très peu empruntés et parfois on peut approcher une vraie sensation d'isolement avec la nature. C'est cela qui me pousse à voyager.

Les Tisseuses de Yalakdere


Au nord du lac Iznik, en traversant un petit village, j'aperçois au travers d'une fenêtre plusieurs femmes s'affairant sur des métiers à tisser. Ma curiosité qui me pousse à sonner à la porte fut récompensée par un accueil chaleureux. Ici, on tisse de la même façon qu'il y a 200 ans les tapis de soie. Les femmes travaillent à deux ou toutes seules sur des tapis qui représentent jusqu'à 2 ans de travail et sont vendu par les hommes du village jusqu'à 10.000 euros.

Aysun Erdogan

En partageant leur intimité dans la petite salle de tissage, je sympathise avec Aysun qui m'explique les gestes et me fait même essayer quelques points. Après le nœud de soie sur les fils directeurs, et une fois la rangée complétée, les points sont tassés à l'aide d'un rabot puis les fils sont coupés à ras. Ici, les femmes sont entre elles et je ressens une ambiance clairement plus détendue et prête à rire que lorsque les maris sont là. Dans les campagnes, encore très traditionnelles, les hommes ont encore un rôle de chef de famille.

Acigöl


L'avantage du vélo et des petites routes est aussi de tomber sur des surprises incroyables qui ne figurent dans aucun guide. En longeant ce lac, je m’interrogeais sur sa surface d'huile et ses reflets étranges. Ce n'est qu'en m'approchant plus près que je me rends compte qu'il s'agit d'un lac salé. Il est impossible de décrire l’excitation que je ressents en plantant ma tente au beau milieu de cette étendue sans fin pour une nuit littéralement loin de tout.

Ramazan et le thé


Impossible de raconter les campagnes turques sans parler de la tradition du thé. Il est tout à fait courant de se faire inviter 5 ou 6 fois par jour à boire le thé... si ce n'est plus. Les gens me hélaient à mon passage aux cris de "çaï" pour que je m'arrête et leur fasse un peu part de mon expérience. La vie rurale tourne littéralement autour des Çay bahçesi (Jardins de thé) où l'on se rencontre et joue aux cartes, où l'on s'occupe pendant la journée des personnes âgées, et où l'on vient aux nouvelles.
Non loin de Dursunbey, Ramazan m'arrête et m'offre thé et petit biscuit et accepte de se faire photographier après que je lui aie raconté un peu mon aventure.

Les sources de Pamukkale


L'un des sites les plus connus dans le centre de la Turquie est la source thermale de Pamukkale, "Chateau de Coton" en turc. Au milieu de montagnes arides et rouges, ces coussins de calcaire formant un dédale de piscines d'eau chaude sont un spectacle inouï. Les Grecs avaient d'ailleurs été séduits bien avant nous et au sommet des sources s'élèvent encore les ruines de la cité de Hiérapolis. Mélange étonnant. Cependant, étant habitué au calme et aux petit villages, l'exploitation touristique me gâche en partie la beauté et la magie du paysage.

Le calme des forêts


Contrairement à l'idée que l'on se fait de la Turquie, il est possible de traverser de gigantesques forêts pendant parfois plus de 250 km. Il est alors très facile de planter sa tente dans une zone totalement isolée et de faire l'expérience du calme absolu pendant quelques jours. Bien sûr la logistique des réserves d'eau et de nourriture doit être pensée un peu en avance.

Samim Chakal


Je n'aurais jamais imaginé vivre une telle expérience en traversant le petit village de Baltaköy. En plus de m'inviter à prendre le thé, Samin Chacal me propose de planter ma tente dans son jardin et de partager son quotidien. Je m'immisce ainsi dans la vie des quelques habitants de Baltaköy. Entre les parties de cartes au Çay bahçesi, le pâturage des troupeaux, les dîners avec les familles du village ou la cueillette des oranges, sans oublier les régulières prières à la mosquée, ma fascination pour ces gens simples ne fait que croître. Heureusement, les quelques soirées de solitude passées sur des listes de vocabulaire turc facilitent les échanges.
Samim est coiffeur-barbier et passe ses journées à siroter le thé en attendant que des hommes du village l'appellent sur son téléphone portable à n'importe quelle heure pour demander ses services.

Le grand froid

A l'est de la Turquie, près de l'Arménie et de l'Iran, il n'est pas rare d'avoir à franchir des cols autour de 3 000 m. Bien évidemment, les routes et les grandes étendues sont recouvertes de plusieurs mètres de neige pendant au moins 3 mois de l'année. Il me faut alors affronter toutes les difficultés liées au froid et à la neige. Il fait environ -25 C° quand je dors sous tente et certaines routes ne sont même pas déblayées. En plus de ce nouvel environnement, me voilà maintenant en zone Kurde, une nouvelle culture à découvrir et des gens tout aussi passionnants et chaleureux malgré les tensions clairement palpables avec l'armée turque.

En longeant le mont Ararat


C'est ce genre de paysage qui m'offre mes plus grandes récompenses. Lorsque je me retrouve face à ces montagnes, toutes les peines, le froid et le vent sont oubliés instantanément. Un peu plus loin sur ma route, je longerai le mont Ararat, qui me verra passer la frontière avec l'Iran du haut de ses 5 137 m. La Turquie fut une aventure inoubliable et je me promets de revenir arpenter ses routes de campagne encore et encore.


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En espérant que ce reportage synthétisant ma traversée turque vous plait et que vous voterez pour moi lors de la phase de vote pour le Grand prix du public !

7 mars 2011

WUG 2011




24 févr. 2011

Petit voyage en quelques chiffres


Il est encore trop tôt pour faire un bilan, mais un petit décompte ne ferait pas de mal :

- 403 jours
- 17 pays
- 63 jumps
- 376 heures de bus ou d'avion
- 6672 km à vélo et 1235km à pied
- 12 compagnons de voyage
- 6345m au plus haut, et -410m au plus bas
- 7400 euros
- 10683 photos prises, dont 243 sont correctes et 13 bonnes
- 192 articles postés pour 8234 fautes d'orthographe
- 3 guardaparque en colère, à Iguaçu, Peninsula Valdes et au Sud Lipez
- 3 nouvelles langues (espagnol, turque, arabe)
- 34 aventures, étapes ou sommets en Amérique du Sud
- 8 crevaisons, 2 pneus et 1 chaîne entre la France et l'Iran
- 32 frontières passées pour à peu près le double de tampons sur mon passeport et 2 franchies illégalement
- 11 ou 12 israéliens qui ne m'aiment pas
- 27 cm de cheveux et 6 cm de barbe
- 34 douches
- 1 brosse à dents
- 0 problème

23 févr. 2011

Le temps du Retour


Ce matin, je sors de ma tente non loin de Salmas en Iran. Il fait une fois de plus très froid. Puis, en sortant pisser car le froid malheureusement donne terriblement envie de pisser... je contemple les sommets enneigés au nord. Splendides montagnes qui ont l'air infranchissables surtout lorsqu'on sait que l'hiver est sur le point d'arriver : l'Arménie. Une idée me revient... le retour. A quoi bon passer un mois de plus si la difficulté du voyage me gâche le plaisir de la route. Soudainement, je me décide : "Mon cher Milou on rentre à Moulinsard ". Sauf que pour moi, Moulinsard c'est pas en Belgique et Milou, c'est Charles Ernest, ma bicyclette.
Assez bizarrement, je prends la chose sans trop de gravité, je me dis juste que maintenant, on rentre à la maison, comme si j'avais fini un jogging. Après tout il commençait à être temps et puis j'ai de nombreuses perspectives réjouissantes qui m'attendent en France, je ne compte pas me trouver un boulot immédiatement mais plutôt prendre le temps de faire les choses, voir les gens.


Toujours est-il que lorsque j'ai une idée en tête, je ne la lâche pas. Quelques heures plus tard, me voilà à Urumyeh, non loin de la frontière turque, puis bus, camionnette et mini-bus vers Van entre les tirs croisés du PKK et de l'armée turque. Toujours le même jour je me dégote un bus de nuit vers Ankara d'où j’enchaîne sur un autre bus express vers Istanbul. A ce moment-là, chose incroyable, ce dernier bus est muni d'écran personnel avec films au choix, distribution de boissons à volonté et... Wifi. J'en profite donc à mon grand étonnement pour réserver un billet d'avion à un très bon prix pour le lendemain matin. Arrivé à Istanbul, je me pointe à mon Hostel habituel où l'on me reconnait. Petite nuit dans un vrai lit et bim avion vers Paris CDG... Bientôt dans votre kiosque un numéro spécial WUG: "Comment fuir l'Iran en 52 heures pour 145 euros."
JE SUIS EN FRANCE, JE SUIS DE RETOUR.

18 févr. 2011

Premiers pas en Iran

Quelque 40 km après Dogubayazi où nous avons séjourné 2 jours, se trouve la frontière iranienne, toujours au pied du mont Ararat.


Il faut savoir qu'en Iran, le système bancaire international n'est pas présent et il faut passer la frontière avec suffisamment de sous en liquide pour tenir la durée que l'ont veut. Les devises acceptées pour le change sont seulement le Dollar et l'Euro. C'est pourquoi dès le passage des formalités de sortie turques nous sommes assaillis par des changeurs ambulants. Les négociations sont dures mais nous finissons par nous entendre sur un taux et récupérer quelque 15 millions de Rails avec des gentils Khomeyni barbus dessinés dessus.
Les formalités iraniennes se font sans trop de tension et les gens sont plutôt sympa. Je dois malgré tout déposer à nouveau mes empreintes alors que les Suisses en sont exempts. Ça y est, nous y voilà. La ville de Maku est dans la zone la plus au nord de l'Iran et les montagnes sont partout.
Nous comptons maintenant rejoindre Tabriz un peu plus au sud puis Marc et Myriam prendront un bus vers Téhéran tandis que moi je tracerai vers le petit bout d'Arménie plus au nord... vers les grosses montagnes.


Les quatre jours qu'il nous faudra pour rejoindre Salmas seront splendides encore une fois au niveau paysage mais y a pas à dire, le froid rend tout compliqué. Le soir, dès que la nuit tombe, nous nous retrouvons tous les trois dans la grande tente d’expédition pour cuisiner et maintenir une température autour de 5 C°. Il faut reconnaître qu'en franchissant la frontière nous gagnons 1h30 de soleil tous les soirs, vu le décalage horaire. Je pars ensuite me coucher dans ma tente où je développe de nombreux stratagèmes pour ne pas descendre trop en-dessous de 0 C°. Je reconnais que les nuits sont dures mais la splendeur du paysage nous permet de nous accrocher.

9 févr. 2011

WUG sur la banquise


Comme prévu, je me suis donc lancé à l’assaut de l'Iran avec Marc et Myriam. Il n'y a entre la Turquie et l'Iran que des frontières routières, dont une se trouve au pied du mont Ararat. Ça a donc pas été long de choisir laquelle nous allions viser...d'autant plus qu'il y a en chemin un petit col pas piqué des hannetons à 2644m et que le -10C° et la neige de Van ne nous impressionnaient pas plus que ça. Bon en vrai, nous étions morts de trouille et envisagions chacune des possibilités 20 fois dans notre tête et nos discussions.
Après trois jours à Van, nous disposions donc d'une fenêtre météo de quelques jours et étions prêts à affronter cette mini-Sibérie. Seules les photos peuvent décrire ces étendues blanches coiffées de sommets lointains.


Notre première journée se déroule sans encombres et nous plonge tout les trois dans un rêve de gamin. Le froid est supportable si on ne s'arrête pas trop longtemps et les bords du lac Van restent plutôt plats. Nous dormirons sur les tapis de la petite mosquée d'une station service avec vue sur le lac et thé à volonté. L'hospitalité kurde commence à faire ses preuves. Même topo pour le lendemain, même si la température commence à descendre. Nous prenons une chambre d’hôtel à Caldiran pour bien se reposer et se préparer. Température extérieure au coucher du soleil: - 6C°...ça devrait aller.


Enfin le jour J, et nous avons tout les trois les mêmes sensations que lors d'un départ pour un sommet. Chacun enfile consciencieusement ses couches de vêtements, prépare les petites barres de sucre à dégainer dans les moments de faiblesse, et ajuste le moindre petit boulon de la bicyclette. Dès les premiers 100m, nous comprenons que le froid sera redoutable. Ma barbe gèle et mes pieds arrêtent d'attester mon système nerveux de leur existence... mais s'étend devant nous une gigantesque banquise, véritable amphétamine psychologique. Après avoir longé un grand lac gelé, la montée commence. Nous faisons des pauses régulière pour réchauffer les pieds et s'émerveiller de ce décor unique. Plus nous montons, plus nous ressentons le vent qui vient du col, la température baisse et le souffle devient dur à aller chercher...mais nous avançons à notre petit rythme.





Après 3h de lutte, le panneau nous annonce l'arrivée au col. Les félicitations et cris de joie entrecoupent notre course pour faire quelques photos et ingurgiter un peu de nourriture avant de se transformer en glaçon. Sous nous, une gigantesque étendue blanche pleine de relief que nous venons de vaincre...et de l'autre coté, la descente.
Nous faisons maintenant face au deuxième problème technique: sous-vêtements trempés par l'effort que le vent de la descente transforme en glaçon. Mes pieds font souffrir mais la dégringolade euphorisante vers le mont Ararat et un pic-nic en températures moins hostiles me font avancer. C'est grandiose : le volcan de 5137m s'élève seul et majestueux devant nous et nous suit du regard pendant les 35kms qui nous amène au village de Dogubeyazit. Nous restons deux jours au pied de ce roi des volcans avant de franchir la frontière iranienne.

5 févr. 2011

Ici à Van....


Finalement je vais tenter cette fameuse traversée au pied du Mt Ararat (5 167m) pour aller vers l'Iran. J'ai bien hésité, mais c'est plus fort que moi, l'appel de la route est décidément irrésistible. Cette fois-ci, je tenterai l'aventure avec Myriam et Marc, un nouveau couple de cyclistes suisses que j'ai rencontré à Deir Marmusa.
Pendant les quelques jours à Van, nous tentons de nous préparer pour attaquer l'aventure du mieux que l'on peut... mais cette fois-ci nos chances de succès sont assez faibles à la vue des conditions météo et il est fort probable que nous prenions finalement un bus...
Advienne que pourra et je raconte tout ça dès que possible !









3 févr. 2011

Derniers clichés syriens

2 févr. 2011

Du sable et du plat


Une fois Tadmore dépassé, le désert est encore plus désert. Beaucoup moins de voitures sur les routes et moins de bédouins pour me fournir de l'eau.
L'eau, ça devient justement mon problème quand elle commence à tomber du ciel ! Le 4ème jour commence donc par un Ougo tout penaud dans sa tente, à attendre que ça s'arrête. Mais évidemment, je n'ai pas assez d'eau avec moi pour tenir toute la journée. Je me mets donc brillamment en quête de récolter l'eau de pluie avec mes diverses casseroles... ce qui au final me donnera suffisamment de répit pour attendre la fin des précipitations, qui malgré tout ne se précipitent pas pour s'arrêter.


La suite de la route est faite de fantastiques rencontres avec des bédouins qui me nourrissent et me montrent joyeusement leurs habitations. Je prends même quelques portraits des moins réticents.
Progressivement, le désert devient de plus en plus plat et de plus en plus touffu. Le dernier soir, je décide d'aller dormir entre les broussailles, non loin de patûrantes chèvres.


Après un ravissant coucher de soleil et un mauvais dîner... la nuit tombe et... un gros orage pointe le bout de ses éclairs ! Je sais que sous la tente, les bruits sont amplifiés et tout paraît plus impressionnant, mais là, c'est carrément le son et lumières. Ça pète de partout et j'ai l'impression d'être en plein jour avec le tonnerre, qui va jusqu'à couvrir le live de Johnny Halliday que je me suis mis pleine puissance dans les oreilles. A partir de là, je peux vous dire que ça gamberge et que je ne tarde pas à être terrifié. En fait, ma tente est le point culminant des alentours et les paratonnerres du coin sont aussi fréquents que les baobabs du désert. Idée lumineuse : je me précipite hors de la tente et je me mets à courir tout nu en agitant les bras... Haaa non ! ça c'était le plan B. Le plan A c'est de prendre ma bicyclette, de l'éloigner d'une vingtaine de mètres et d'espérer que c'est elle qui prendra... faible, mais c'est tout ce que j'ai. Je retourne attendre recroquevillé dans ma tente avec Johnny ! Finalement, la nuit se finit mieux et un bédouin vient même se foutre de ma gueule pour mon réveil au milieu de la plus grande flaque de boue sablonneuse de l'histoire... Je mettrai une heure et demie à m'en dépêtrer et débarbouiller ma fidèle monture (car je veux voyager loin !).
Les dernières 110 bornes sont une vraie plaie. Tout plat, pas beau, vent de face... mais la douche et les shawarmas qui m'attendent a Deır Ezzor m'insufflent les dernières forces dont mes cuisses ont besoin !


Bilan de cette traversée : un de mes meilleurs souvenirs de voyage, l'idée commence même à pointer en moi que ca serait pas mal de finir là-dessus..
Suite aux prochains épisodes !

31 janv. 2011

Lawrence d'Arabie, c'est un p'tit joueur

Au départ de Damas, je prends machinalement les bonnes petites ruelles qui me permettent de m'échapper du centre historique et retrouver une des grosses artères nord de la ville. Finalement, je commence vraiment à connaître le coin et c'est sans soucis que je me retrouve, après une bonne heure, sur la grande route d'Alep. Ca monte légèrement mais je transforme mon appréhension en gros coups de pédales et j'arrive vite vers Adhra, la bifurcation du désert. Désormais, deux directions sont indiquées, Bagdad et Tadmore (Palmyre). Le ciel gris et la zone industrielle ne me mettent pas en joie à tel point que je décide de ne pas prendre d'eau. Y'en aura bien sur le chemin, et j'ai pas envie de me trimbaler 10 kilo de flotte... un petit stop dans un bouiboui pour prendre du riz, des "Vache qui rit" et des barres de chocolat qui suffiront. La zone industrielle disparaît, le temps s'améliore et me voilà face à 200 bornes de désert avant Palmyre. C'est plutôt descendant et j'ai le vent dans le dos.


Ainsi, ce début de traversée qui n'est pas très joli, va de mieux en mieux. Puis surprise : mon compteur affiche 91 km quand je croise une collègue à pédale qui, elle, a le vent de face. Michelle est Australienne et elle est sur la route depuis 5 ans, toute seule, mais elle a un pingouin en peluche accroché à son guidon. On taille le bout de gras pendant 20 minutes avant de reprendre la chasse de nos horizons respectifs. Posage de tente dans le sable à 500 mètres de la route et c'est parti pour une longue nuit de 16h.
Le lendemain, je ne tarde pas à arriver à la bifurcation entre Bagdad et Palmyre. Je prends évidemment vers le Nord mais m'arrête demander de l'eau à des bédouins qui m'invitent à prendre le petit déjeuner après que je les ai laissé faire joujou avec ma bicyclette. Ca fait du bien car ce que je cuisine seul sous ma tente n'est pas franchement du trois étoiles. Puis finalement, j'ai bien fait de pas prendre d'eau, y'a des bédouins partout. A partir de là, la route est franchement magnifique et je passe autant de temps à faire mumuse avec mon appareil photo et ma caméra qu'à avancer. Encore un peu plus loin, à un beau col entre deux massifs montagneux de type désert, je croise le Bagdad Café, stop pour camionneurs et touristes à mi-chemin entre Damas et Tadmore. Le patron qui parle très bien français décide que pour moi le repas sera gratuit et me montre des photos d'il y a deux ans, quand le désert fut recouvert de neige... impressionnant !

Une nouvelle nuit dans le désert sans embûches avec un réveil face à de splendides montagnes enflammées par les premiers rayons de soleil. Je pousse 50 km de plus pour arriver aux portes de Tadmore où, re-surprise, je croise Mike, un cyclotouriste british. Celui-ci est seul depuis 6 mois, et ça se voit. Il a l'air d'avoir un sacré grain (ou c'est tout simplement ses gènes Rosbif) et se lance dans un monologue de 20 minutes, entrecoupé d'hurlements et de grimaces. J'apprécie.
A ce moment-là je remarque que les deux compères que j'ai croisés ont décidé de ne pas entreprendre d'aller plus loin vers le nord-est après Palmyre pour cause de froid et de désert vraiment grand. Tant mieux, je serai tranquille. Puis, je retrouve le touriste-land de Palmyre avec ses Américains, ses commerçants qui t'appellent "my friend" dans la rue et ses Shawarma à 100 S£ (vous vous rendez compte !!!). Je check rapidement mes mails pour une somme exorbitante, remplis ma sacoche de bouffe et je reprends la route. Là commencent les choses sérieuses... mais au prochain épisode.



27 janv. 2011

Arrivée magique sur Mar Musa !



25 janv. 2011

Les aventuriers du visa Perse


Bon, j'ai une piaule pas trop mal tout près de la grande mosquée de Damas, mon vélo est en parfait état, j'ai fait des provisions de Nescafé 3-en-1, trouvé une bonne carte de Syrie entièrement en Arabe... il ne me manque plus que le visa Iranien pour reprendre la route du désert (enfin en vrai c'est un semi-désert mais juste "désert" ça fait un peu genre Lawrence d’Arabie à la recherche des oasis de Wadi Rum).


Bref, j'avais donc présenté mon dossier il y a un mois sur le site Iranianvisas en remplissant plein d'infos en tout genre et surtout en prévoyant un parcours avec nom des villes, emploi du temps et réservation d’hôtels... ce qui est amplement facilité par l'utilisation d'un Lonely Planet (pour une fois que ça sert à quelquechose). Après un virement compliqué et assez cher mon dossier était enfin sur la file d'attente à Téhéran pour une éventuelle autorisation. 20 jours plus tard, celle-ci m'est accordée et il ne me reste plus qu'à me rendre à l'ambassade d'Iran à Damas pour finaliser le fameux autocollant Perse. Le premier jour, je remplis de nouveau papiers et surtout je me fait tirer le portrait, barbe comprise, pour leur dossier. Tout ceci me prend une bonne matinée complète entre les attentes et les pauses falafels. Puis, on nous annonce un RDV demain pour récupérer les visas... Inch'allah. Je me repointe donc le lendemain avec les Suisses et après une longue attente... la sanction tombe : Les Suisses peuvent prendre le leur... tandis que moi, je devrai revenir le lendemain matin pour, encore une fois "Inch'allah", enfin l'avoir. Je suis un peu frustré de ce contre-temps inexpliqué mais qu'à cela ne tienne, il ne faut pas se décourager... comme le disait mon prof de math en prépa, avec les résultats qu'on sait... Mine de rien, cette ambassade est complètement à l'autre bout de la ville et mon troisième aller-retour me gonfle bien. Cette fois-ci, à 8h30 du matin, il n'y a pas trop de monde et je suis gracieusement invité à un petit interrogatoire au sujet d'éventuelles appartenances à des organisations droit de l'hommistes ou encore de mes idées politiques en passant par le pays qu'on ne peut nommer mais dont le drapeau ressemble à celui de l'Argentine et qui réclame la souveraineté sur l'invention des falafels ou même sur certains territoires. Après cette sympathique entrevue, je suis invité dans la cuisine de l'ambassade pour une séance de trempage phallangiforme dans l'encre où je laisse la trace de chacun de mes 10 doigts sous différents angles.


Quelques instants plus tard, me voilà l'heureux propriétaire d'un visa d'entrée chez les Perses.
En fait, j'ai assez apprécié être à Damas dans un but non touristique. Arpenter les rues de la vieille ville en sachant où je suis et où je vais, sans sac à dos ni appareil photo et la musique dans les oreilles me donne ce sentiment agréable de vivre Damas et de me l’approprier. Malgré les petites angoisses et incertitudes de reprendre la route tout seul, je me sens prêt pour les 800 km de désert vers la Turquie.

16 janv. 2011

Le silence du désert


Le monastère de Deir Mar Musa est une sorte de petite forteresse autour d'une chapelle, perchée sur un piton rocheux dont les alentours ont progressivement été aménagés en suivant l'évolution des besoins de la communauté. Cette chapelle, presque aussi vieille que la chrétienté, fut redécouverte par le père Paolo dans les années 80 au milieu du semi-désert syrien, à une centaine de bornes au Nord-Est de Damas. Depuis les années 90, ce charismatique italien de 56 ans a entrepris de progressivement rebâtir une société monastique dans ce lieu emblématique, avec pour esprit de fond de créer une passerelle entre les Chrétiens et le monde arabo-musulman du Moyen-Orient.

Ainsi, les dernières années ont vu s'élever de nouveaux bâtiments sur les rochers voisins, en plus de la restauration du monastère central, qui servent tous à l’accueil, en dortoir ou en petites chambres incrustées dans la roche, des visiteurs. Car une des ambitions de la communauté est d’accueillir et de nourrir dans une sympathique bonne humeur tous les visiteurs, quelles que soient leurs vues religieuses. Bien sûr, libre à chacun de rester le temps qu'il veut et de participer au bon fonctionnement de la vie ensemble.
Je suis donc arrivé là avec l'idée en tête que cela serait un bon endroit pour attendre mon visa iranien. Mais en fait je me suis rapidement laissé envoûté par la magie du lieu et les personnalités incroyables que l'on y rencontre.
Chacun construit son petit quotidien à base de tâches variées. Le rythme est donné par les trois repas, la méditation du matin et celle du soir suivie de la messe. Evidemment, après un premier essai, je n'ai plus que suivi les repas et passais les moments "religieux" au chaud dans la bibliothèque.
Mon coup de coeur de ces 10 petits jours va certainement à Edward et Anya. Ce couple Russo-écossais voyage lui aussi à vélo et m'a tout de suite beaucoup plu. En plus de partager avec eux une certaine philosophie de vie et de voyage, j'ai énormément apprécié tout les moments que nous avons passés ensemble à médire des religions, rire aux éclats, comploter des coups d'état marxistes au sein du monastère et partager les denrées rares que nous réussissions à nous procurer tel le chocolat, le café ou le thon. Après 1 mois passé à Mar Musa, ils comptent eux aussi reprendre la route vers le Nord et j’espère vivement les recroiser un jour.


Le grand enseignement que je retire de cette expérience fut tout d'abord une amélioration de mon respect pour les religions. La vie et le message des prêtres qui vivent ici me paraît tout à fait sain, œcuménique et tolérant. Sans discuter des détails de leur foi, j'ai néanmoins été ému par leurs personnalités et leur mode de vie. Sur un plan qui m'est plus proche, je reconnais à nouveau mon goût pour la vie en communauté et je me suis alimenté de cette nouvelle preuve que, même sans autorité ni lois, les gens sont capables de vivre ensemble, s'organiser et s'entraider sans attendre en retour. C'est tout de même une sorte de repos d'oublier la notion d'argent et de temps pendant un moment et cela me laisse aussi réfléchir à la suite de mon voyage... toujours aussi incertaine.


Enfin, je prends la route de Damas à la recherche de mon passeport iranien et j'en profite même pour m'arrêter sur le chemin chez Bashar, un Syrien qui nous avait hébergés à l'aller chez lui à Alqtafieh et que nous avions énormément apprécié. Après une rentrée dans la grosse ville toujours aussi pénible et quelques heures à sillonner la vieille ville, nous trouvons un hébergement dans une collocation avec deux étudiants français assez déjantés à deux pas de la grande mosquée des Omeyyades. C'est parti pour quelques jours dans ma ville préférée du Moyen-Orient... que je commence à connaître comme ma poche !

14 janv. 2011

Galerie Liban

8 janv. 2011

Le Liban sous la neige


Les 24 dernières heures avant de reprendre la route m'ont trouvé dans une sorte d'angoisse. Après cette longue pause à Beyrouth, je me demandais si j'étais capable de me relancer dans le vagabondage incertain où, franchement, le confort est le dernier paramètre de ma vie quotidienne.
Il ne fallut pas plus de 1h pour que je réalise que j'étais à nouveau à ma place, un large sourire aux lèvres, le vent frais dans les cheveux, propres mais toujours longs, et les montagnes libanaises enneigées devant moi telles un appel irrésistible.
Il faut dire en plus que la première semaine fut un bon test de mise à niveau. Nous dormons le premier jour non loin de Deir El Qamar, à 600 m et avec un gros vent qui souffle déjà. Le lendemain, nous passons la journée à visiter les caravansérails (les khan) de Deir El Qamar car l'un des gros propriétaires de la ville, Monsieur Baz, nous invite à dormir dans l'un de ses palais en cours de rénovation, après nous avoir invité à manger. On est comme des rois !
Le troisième jour commence sous une pluie froide... et celle-ci n'a pas cessé jusqu'à aujourd'hui. Après avoir visité le palais de Beit Ed Dine nous entamons la montée vers Maaser el Chouf. Il fait froid, je suis malade et trempé, et j'avance à une moyenne de 7 km/h. Le dodo sous la tente dans une espèce de grande flaque d'eau et le réveil où il faut renfiler les affaires trempées sont une épreuve déjà plutôt éprouvante, mais nous sommes loin de nous imaginer la nuit qui arrive.
Entre Maaser el Chouf et le col qui permet de rejoindre la Bekaa, une route splendide escalade les 1 000 derniers mètres mais nous sommes plongés dans le brouillard humide et glacial. Toute la difficulté est de pédaler juste assez vite pour avoir chaud mais ne pas transpirer sinon c'est l'arrêt de mort immédiat. Il nous faudra donc 2 petites heures à 5 km/h pour atteindre le col enneigé.
Évidemment, il suffit qu'un endroit ait de la neige pour que l'on oublie qu'il fait froid ; il y a 80 km/h de vent constant et un orage pétaradant commence. On plante la tente !

Et ben je peux vous dire que la nuit fut sport : la tente pliait sous la neige humide et lourde qui la recouvrait, plaquée par le vent. J'avais même presque l'impression d'être en plein jour avec les éclairs éclatant tout près. Nous espérions cependant avoir beau temps le lendemain pour profiter de la vue, et de la descente dans la Bekaa. Et bien, chers amis, la connerie paye car le pari fut gagné. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il a fait beau mais, au moins, quelques éclaircies nous permirent de visiter (en passant par-dessus la barrière) la réserve nationale des cèdres du Liban qui est splendide et de nous balader autour des antennes télé perchées aux sommets proches du col. Évidemment, on décide de remettre ça et d'y passer une deuxième nuit... qui fut plus calme, mais plus froide.

Le lendemain, la descente vers la Bekaa fut un grand moment. Cette plaine d'à peine 10 km de large et qui remonte tout le Liban coincée entre deux chaînes de montagnes la séparant de la mer à l'Ouest et de la Syrie à l'Est est le grenier du Liban. Les sommets enneigés la dominant rajoutent encore à la féerie du lieu.

31 déc. 2010

Jumping in Syria !





Encore une fois du premier coup !

29 déc. 2010

Parce que être libre, c'est changer de plans tout le temps


Jusqu'à ces derniers jours, la route que j'ai suivie depuis le début de mon aventure est à peu de choses près celle que je m'étais fixée au démarrage. Mais depuis que je voyage tout seul et que j'ai atteint Beyrouth, avec la liberté vient l'hésitation et beaucoup de possibilités s'ouvrent à moi. L'un des premiers schémas que je m'étais fixés était de rejoindre Le Caire, puis de me débrouiller pour aller passer la fin de mon périple en Inde. Cela présentait beaucoup d'avantages, comme la traversée du Sinaï, et la découverte d'un troisième continent. Cependant, je pense que voyager tout seul est vraiment une expérience incroyable mais qui ne me convient pas sur le long terme. De plus, maintenant que j'ai goûté au voyage à vélo je pense que le backpacking va me paraître bien fade.
J'ai donc pris la décision assez fun et au dernier moment de changer le cap vers le Kirghizistan.


Traverser l'Asie centrale à vélo est aussi un rêve complètement fou et il n'en faut pas plus pour me motiver. L'avantage de cette option, c'est que j'ai la chance de pouvoir me joindre à l'équipe suisse avec qui j'avais fait un bout de Turquie. On ne change pas une équipe qui gagne.

Je profite donc de mes derniers jours à Beyrouth pour finir de bidouiller mon vélo avec plein de nouvelles options dans les sacoches : vêtements chauds, vache à eau, nouvelle tente, nouveaux pneus... de quoi affronter le froid iranien hivernal. D'ailleurs, nous avons déjà commencé les visas pour l'Iran, qui risque d'être une traversée assez haute en couleur. Cela prend du temps et de l'argent mais nous pourrons les récupérer à Damas sur notre route.
Le luxe dont j'ai profité à Beyrouth ces derniers mois consistait en fait pour moi en une pause après un an sur les routes et j'ai vraiment rechargé les batteries à fond et profité de ma famille pour me remettre en route pour la dernière ligne droite ! Je vous retrouve donc en direct de l'aventure pour mes prochains articles.

28 déc. 2010

Noël à Beyrouth


Comme prévu depuis bien longtemps, je passe noël à Beyrouth, sans ma famille, mais avec des amis. Comme je suis athée, Noël n'est pas une fête qui m’intéresse plus que ça... mais je reconnais que c'est bien la première fois que je serai loin de ma famille à ce moment de l'année.
Dans tout Beyrouth et plus particulièrement dans Ashrafiyeh, le quartier chrétien, l'esprit de Noël est partout, avec décorations, éclairages et tout le tintouin. Bien sûr, avec la touche libanaise, tout est surenchère de doré, de brillance, de grandeur et de luxe. Replonger dans ce décor me rappelle qu'il y a un an, j'avais déjà arrêté mon travail et voyageais en Jordanie afin de prendre des vacances avant de commencer mon aventure. Oui, le 7 janvier, je fêterai mon année sur la route et bizarrement, j'ai encore le sentiment d'être parti hier.


Avec Inès, Xavier et Céline, nous nous sommes préparés un splendide repas de réveillon et avons assisté à la messe de minuit de l'église Saint Joseph de Beyrouth. Cette dernière est vraiment belle et la messe fut célébrée dans un français impeccable. Je me suis retenu de tout commentaire historique sur le fait que le seul recensement dans la province romaine de Syrie à cette époque eut lieu en l'an 6 et qu'il parait étrange que Joseph eut à se rendre à Bethléem en raison de sa descendance avec David puisque mille ans les séparent... mais cela me brûlait les lèvres.
Évidemment, une grande partie du sermon fut dédiée à dire que la guerre, c'est mal... sans aucun détail sur où, pourquoi, comment, ce qui fait définitivement tendre l’intérêt des propos vers zéro. Enfin, il fallait prier pour les chrétiens qui souffrent dans le monde, sans savoir pourquoi et de quoi et surtout sans se demander ce qu'on fait des autres, non chrétiens.


L'église était bondée de libanais enguirlandés et étincelants, prêts à filer en discothèque dès que l’hostie atterrissait dans leurs gosiers. Je me suis vraiment étonné de la liberté vestimentaire qui régnait dans cette assemblé et la façon dont la moitié des "croyants" bidouillaient impatiemment leur téléphone en organisant le où et le quand des folies nocturnes imminentes. Assez étonnamment, Inès et moi furent parmi les derniers à quitter l'église pour profiter jusqu'à la fin de la chorale qui était vraiment excellente. Attention, chant final: "Petit Papa Noël" version groovy !! (true story)